Sur le papier, collectionner les souris de jeu ressemble à un caprice de passionné. Pourtant, derrière chaque clic se cache une quête méthodique : trouver l’arme parfaite pour dompter World of Warcraft et les MMO les plus exigeants.
Souris de jeu WOW
Depuis que j’ai posé le pied en Azeroth un certain 11 février 2005, je n’ai jamais vraiment décroché. Les pauses n’ont été que des parenthèses, et la compétition en JcJ une constante. Mon palmarès, c’est le titre de maître d’arène, décroché à l’époque où c’était encore possible. Presque toutes les classes sont passées entre mes mains, mais c’est en soigneur, prêtre discipline en tête, suivi du moine, du paladin et du druide, que j’ai accumulé le plus d’heures de vol.
Choisir une souris pour WoW, c’est souvent une histoire de nombre de boutons. Pendant longtemps, c’était mon critère majeur : chaque bouton supplémentaire me donnait une liberté de plus sur mes binds, sachant que je n’utilisais que SHIFT comme modificateur. CTRL et ALT, très peu pour moi. Il faut dire qu’au début, je cliquais encore, une époque dont je ne suis pas fier, mais qui parle à bien des vétérans.
Ma première vraie évolution fut la Logitech MX518, un modèle devenu mythique. Après une souris Microsoft fatiguée, ce fut un saut quantique : huit boutons, une ergonomie qui collait parfaitement à mes grandes mains. Les macros pouvaient enfin migrer sur la souris ; dissiper un allié devenait aussi simple que d’appuyer sur un bouton. À l’époque, pas de cooldown sur cette action : un vrai plus en arène.
Fin 2009, la Razer Naga débarque. Douze boutons sous le pouce, le rêve de tout joueur de MMO. L’engouement était tel qu’il semblait impossible de passer à côté. Mais en pratique, que faire de tous ces boutons ? Les assigner efficacement n’a rien d’évident.
J’avais bricolé un système sur mesure : en prêtre discipline, je pouvais soigner ou dissiper mes coéquipiers via les trois premiers boutons du pavé, et, avec SHIFT, cibler les adversaires pour purge ou dispel. Un schéma qui aurait été inenvisageable sans une souris pensée pour les MMO. C’est avec la Naga que j’ai décroché mon titre d’amaster d’arène, le 28 décembre 2009.
La Naga, puis la G600 : promesses et déceptions
Malgré ses qualités, la Naga n’a pas résisté à la cadence de jeu, elle a rendu l’âme au bout d’un an, après des sessions quasi quotidiennes de plusieurs heures. Rien d’étonnant, au fond. J’ai rempilé avec le même modèle, convaincu que le service rendu justifiait le prix. Mais l’idée qu’une souris MMO ne tienne qu’un an commençait à me peser.
C’est un ami et partenaire d’arène qui m’a soufflé le nom de la Logitech G600 MMO. Sur le papier, elle reprenait les codes de la Naga, en plus massif. Le bouton supplémentaire pour l’annulaire, proposé par Logitech, promettait de nouvelles possibilités. Dès la prise en main, la différence de gabarit saute aux yeux. Les boutons, plus espacés, se révèlent plus accessibles. Pourtant, impossible pour moi de m’habituer à ce fameux bouton annulaire.
Malheureusement, la G600 a connu le même sort : après une année d’utilisation intensive, elle a fini à la poubelle. Malgré ses services, la fiabilité sur la durée n’était pas au rendez-vous.
À court de budget, je me suis rabattu sur des modèles basiques. L’expérience s’en est ressentie : avec peu de boutons, impossible d’assigner correctement mes macros. Les limitations se faisaient sentir, surtout pour un healer exigeant en raccourcis. Mais la tentation d’un retour à une vraie souris MMO a fini par l’emporter. La perspective d’atteindre enfin le titre de gladiateur me poussait à passer à l’action.
Après avoir épluché les avis et témoignages, mon choix s’est arrêté sur la Corsair Scimitar MMO. Son design rappelait la Naga et la G600, mais la promesse d’une construction solide et d’une vraie longévité a pesé lourd dans la balance.
La Corsair Scimitar : un nouveau standard
Un an et demi d’utilisation plus tard, le constat est limpide : la Scimitar tient le choc. Pas de bug, pas de perte de précision, pas de souci d’usure prématurée. Le confort est là, la qualité semble au rendez-vous. En ce moment, elle m’accompagne pour faire grimper mon chasseur de démons dans la Légion. Les boutons tombent sous la main, le feeling est net. Même si le capteur n’égale pas celui d’une souris dédiée au FPS, pour un MMO comme WoW, la précision extrême n’est pas un critère décisif.
Le revers de la médaille reste le prix : la Scimitar se négocie aux alentours de 100 euros. À mes yeux, l’investissement se justifie, mais il faut y réfléchir à deux fois. Les souris MMO classiques affichent toutes des tarifs comparables. C’est ce qui m’a poussé à tester une alternative plus abordable, histoire de voir si la différence de prix se ressent vraiment en jeu.
Depuis peu, je joue avec une Sharkoon Skiller SGM1, un modèle à 40 euros. Ce n’est pas une souris MMO au sens traditionnel, pas de pavé 12 boutons sous le pouce, mais elle aligne tout de même 12 boutons au total, ce qui suffit pour une configuration WoW solide.
Niveau matériaux, la Skiller SGM1 ne dépareille pas face à la Scimitar. Difficile de percevoir une vraie différence sous la paume, du moins en MMO. Les FPS, c’est une autre histoire, mais ce n’est pas mon terrain.
En termes de prise en main, la Sharkoon est imposante. Parfait pour mes grandes mains, mais elle pourrait être inconfortable pour les joueurs aux doigts plus courts. Le conseil que je donne systématiquement : avant d’acheter une souris de jeu, passer en magasin pour la tester, que ce soit chez MediaMarkt, Saturn ou n’importe quel revendeur d’électronique. Rien ne remplace l’essai physique.
Le principal changement concerne la disposition des boutons. Habitué depuis des années à un pavé de 12 sous le pouce, il a fallu réapprendre à gérer une configuration différente.
Pour expliquer la gestion des boutons sur ces souris, voici ce que j’ai constaté après des années d’utilisation :
- Je n’ai jamais réellement exploité la totalité des 12 boutons disponibles sur la Naga, la G600 ou la Scimitar. Certains boutons sont tout simplement trop difficiles à atteindre.
- Avec cinq boutons bien placés et les modificateurs (SHIFT, CTRL), on obtient facilement 10 à 15 raccourcis, ce qui couvre largement les besoins de la plupart des joueurs.
- Les clics latéraux de la molette, eux aussi utilisables avec des modificateurs, viennent compléter l’arsenal de binds.
Il me faudra sans doute un peu de temps pour m’adapter complètement à ce nouveau schéma. Mais une fois la transition faite, je reviendrai partager mon ressenti avec ceux qui cherchent encore leur souris idéale. En attendant, le plaisir de jeu reste intact, et ça, aucune souris n’a encore réussi à me l’ôter.
