L’under bump metal (UBM) joue un rôle structurel dans les MEMS et capteurs, bien au-delà de la simple interface mécanique entre le pad de la puce et la bille de soudure. Dans les dispositifs microélectromécaniques, les contraintes thermomécaniques, les vibrations et les environnements corrosifs imposent aux couches UBM des exigences que le packaging classique ne rencontre pas. Quels paramètres de conception séparent un UBM fiable d’un UBM qui dégrade les performances du capteur ?
Contraintes thermiques et vibrationnelles UBM dans les capteurs MEMS
Un accéléromètre automobile ou un gyroscope de navigation subit des cycles thermiques répétés, souvent entre des températures négatives et plus de cent degrés. À chaque cycle, les coefficients de dilatation thermique différents entre le silicium, les couches métalliques et la soudure génèrent des contraintes mécaniques concentrées à l’interface UBM.
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Dans un circuit intégré standard, ces contraintes restent modérées parce que le die est rigide et le substrat relativement stable. Dans un MEMS, la présence de membranes suspendues, de poutres ou de cavités modifie la distribution des contraintes. L’UBM absorbe une part des déformations mécaniques que la structure MEMS ne peut pas compenser.
La couche barrière, généralement en nickel ou en titane-tungstène, doit bloquer la diffusion des atomes de soudure vers le pad aluminium ou cuivre. Si cette barrière est trop mince, la diffusion crée des composés intermétalliques fragiles qui fragilisent l’interface après quelques centaines de cycles. Si elle est trop épaisse, elle introduit des contraintes résiduelles qui peuvent déformer les structures mobiles du MEMS.
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Structure multi-couches UBM : comparaison des empilements pour MEMS
Les architectures UBM diffèrent selon le type de capteur et le procédé de fabrication. Le tableau ci-dessous compare trois empilements courants utilisés dans le packaging MEMS.
| Empilement UBM | Couche d’adhésion | Couche barrière | Couche mouillable | Application typique |
|---|---|---|---|---|
| Ti/Ni(V)/Cu | Titane | Nickel-vanadium | Cuivre | Capteurs inertiels, accéléromètres |
| Cr/Cu | Chrome | Cuivre (double rôle) | Cuivre | Capteurs de pression, MEMS RF |
| Ti/W / Cu | Titane-tungstène | Titane-tungstène | Cuivre | MEMS haute température, capteurs industriels |
L’empilement Ti/Ni(V)/Cu domine le marché des capteurs inertiels parce que le nickel-vanadium offre une barrière de diffusion efficace tout en conservant une certaine ductilité. En revanche, l’empilement Ti/W-Cu convient mieux aux environnements où les températures de fonctionnement dépassent les limites habituelles, car le titane-tungstène résiste davantage à la diffusion à haute température.
Le choix de l’empilement UBM conditionne directement la durée de vie du capteur MEMS. Un mauvais appariement entre la couche barrière et le type de soudure (avec ou sans plomb) accélère la formation de composés intermétalliques et provoque des défaillances prématurées.
Procédé de dépôt UBM adapté aux dispositifs MEMS fragiles
Les MEMS contiennent des microstructures libérées (membranes, cantilevers) qui ne tolèrent pas les mêmes conditions de dépôt qu’un wafer classique. Le sputtering, technique standard pour déposer les couches UBM, projette des atomes métalliques à haute énergie sur la surface. Cette énergie peut endommager ou déplacer des structures suspendues dont l’épaisseur ne dépasse parfois que quelques micromètres.
- Le dépôt par pulvérisation cathodique à basse puissance réduit l’énergie cinétique des atomes incidents, limitant les dommages aux structures MEMS mobiles, mais allonge le temps de fabrication.
- Le dépôt electroless (chimique sans courant) permet de métalliser des pads individuels sans exposition à un plasma, ce qui préserve les parties fragiles du dispositif. Cette méthode convient particulièrement au traitement de dies singulés.
- L’évaporation sous vide offre un dépôt directionnel qui minimise le recouvrement des flancs, utile quand les structures MEMS présentent des topographies complexes avec des cavités profondes.
Le procédé de dépôt doit être sélectionné en fonction de la fragilité mécanique du MEMS, pas uniquement en fonction du coût ou du débit de production. Un capteur de pression avec une membrane de quelques micromètres ne supporte pas le même bombardement ionique qu’un die ASIC plein.
Épaisseur des couches UBM et fiabilité des bumps MEMS
L’épaisseur de chaque couche dans l’empilement UBM influence la fiabilité de manière non linéaire. La couche d’adhésion (titane ou chrome) doit être suffisamment épaisse pour garantir l’ancrage mécanique, mais une épaisseur excessive augmente les contraintes résiduelles et peut provoquer un décollement de la couche barrière au-dessus.
La couche barrière en nickel présente un point critique : une barrière nickel trop mince laisse passer la diffusion du cuivre ou de l’étain en quelques centaines d’heures à température élevée. Les composés intermétalliques Ni₃Sn₄ qui se forment à l’interface sont fragiles et constituent le point d’amorce de fissuration le plus fréquent dans les assemblages flip-chip MEMS.
La couche mouillable en cuivre, en contact direct avec la soudure, doit permettre un mouillage homogène de la bille. Une couche trop fine est consommée rapidement par la soudure lors du reflow, laissant la barrière nickel exposée. Une couche trop épaisse peut modifier le profil de solidification de la soudure et créer des vides (voiding) à l’interface.

UBM pour capteurs MEMS quantiques : stabilité vibrationnelle et contraintes émergentes
Les capteurs MEMS quantiques, qui exploitent des propriétés atomiques pour mesurer des grandeurs physiques avec une résolution extrême, posent un problème nouveau aux concepteurs d’UBM. Ces dispositifs sont sensibles aux vibrations mécaniques à des échelles où le bruit thermique des matériaux devient une source d’erreur mesurable.
Dans ce contexte, l’UBM ne doit plus seulement assurer l’adhésion et la barrière de diffusion. Il doit aussi minimiser sa contribution au bruit vibrationnnel transmis au capteur. Les structures UBM nanostructurées Cu-Sn, comparées aux structures classiques en aluminium, montrent une meilleure résistance à la fatigue cyclique selon un benchmark présenté lors du TSMC Technology Symposium. Les UBM nanostructurés Cu-Sn surpassent les structures Al en résistance à la fatigue pour les MEMS flexibles.
L’adaptation des UBM aux capteurs quantiques implique de repenser l’épaisseur, la granulométrie et la méthode de dépôt pour atteindre une stabilité vibrationnelle que les applications conventionnelles n’exigent pas. Les couches plus minces et les grains plus fins réduisent les modes de résonance parasites, mais compliquent le contrôle de la barrière de diffusion.
La conception UBM pour les MEMS et capteurs reste un exercice d’équilibre entre adhésion, barrière de diffusion, mouillabilité et, désormais, stabilité vibrationnelle aux échelles atomiques. Chaque paramètre d’épaisseur ou de matériau déplacé dans une direction dégrade une autre propriété. Les capteurs quantiques ne font qu’amplifier cette tension, en ajoutant une contrainte que les empilements standards n’ont pas été dimensionnés pour gérer.
